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Interview de Mme Grancher : l'algorithmique

Hattemer

Mme GRANCHER, professeur d'informatique au Cours Hattemer 8ème nous en dit plus sur l'enseignement de l'algorithmique à ses élèves.

 

Selon vous, pour quelles raisons est-il important de former les élèves à l’informatique, et ce, dès le CM2 ?

Les recherches en didactique faites en ce moment démontrent l’importance d’éduquer les élèves à l’informatique. Il faut savoir que le domaine de la science informatique ou “Computer Science” (CS) ne date que de 1967. Et c’est parce que le CS est si nouveau, qu’il existe encore peu de résultats de la recherche fondamentale en didactique, que les mécanismes pour suivre les progrès au niveau systémique ne sont pas encore mis en place.

Donc, nous, les professeurs d’informatique, avons moins de connaissances sur la façon d'enseigner et sur ce qui se passe parce que nous y travaillons depuis moins longtemps. Nous avons moins de praticiens et de chercheurs que ces autres domaines. Les enseignants en informatique en savent moins sur les efficacités des choix pédagogiques car ils souhaitent s'appuyer sur la recherche et ses méthodes fondées sur des preuves.

Ainsi, dans le tâtonnement en cours, est choisie une analogie avec l’enseignement d’un langage. Et pour ça, la recherche dit : plus tôt on habitue la pensée meilleure est l’imprégnation.

 

Quelles sont les thématiques en informatique que vous abordez dans vos programmes ?

Pour commencer, j’emprunte à Benjamin Monmege, maître de conférences, ces premiers mots. “Notez que l’informatique c’est à la fois une technologie et une discipline scientifique. C’est une technologie en ce sens qu’elle abrite le développement de logiciels (conception, développement, test...), d’ordinateurs (architecture, stockage...), le tout rendu possible grâce à des matériaux (silicium) et beaucoup d’électronique (micro-composants). Mais c’est aussi une discipline scientifique à part entière : c’est la science de l’information et du calcul. C’est une discipline proche, mais différente, des mathématiques.”

Voici mes principaux axes de travail :

-        Les données : codage et gestion

Usage du numérique : le codage des signaux analogiques en signaux numériques, les données et l’information, les logiciels de traitement de l’information, (ITC)

-        Les algorithmes et leur programmation

Pensée computationnelle, algorithmique, programmation (Computer science CS)

-        Les machines et leurs interfaces

Technologie des systèmes automatiques: l’ordinateur, ses périphériques, les réseaux, la robotique

Méthode de conception des objets numériques et techniques

-        Culture numérique

Apprendre à vivre et à travailler dans le monde numérique et le cyberspace (Digital Literacy). Quelques exemples :

● Image numérique (comment faire passer une image dans la tête d’un ordinateur),

● La machine (voyage dans les composants internes d’un ordinateur)

● Internet (le voyage d’un paquet sur les réseaux),

● Cryptographie (décoder un message secret),

● Sécurité des données personnelles (faire de robustes mot de passe, à quoi on s’expose sur Internet),

● Robotique (c’est quoi un robot, concours de suivi de ligne),…

 

Vous travaillez sur la mise en place de l’algorithmique chez Hattemer – pouvez-vous nous en dire plus à ce sujet ?

L’algorithmique, mot fabriqué à partir du nom d’un grand mathématicien perse du 9ème siècle, Al Khawarizmi, est une discipline qui appartient au domaine des mathématiques. Il y a : suivre des algorithmes (ce que vous faites quand vous posez une division euclidienne par exemple), composer des algorithmes à partir de que l’on sait et créer des algorithmes tout neufs.

L’algorithmique a un “langage” ou plutôt se fabrique avec des blocs de pensée, comme la condition (si alors sinon), la boucle (répéter), les sous programmes (découper un gros problème en plus petits problèmes : pour faire une division vous devez savoir multiplier par exemple multiplier est un sous programme), les variables (les cases mémoires qui retiennent une valeur), les listes (les cases mémoires liées entre elles pour fabriquer un ensemble de valeurs attachées les unes aux autres) et plein d'autres choses…

 

Vous avez encadré le Challenge Robotique qui a eu lieu le 10 mai dernier – quel lien établissez-vous entre la robotique et l'algorithmique ?

La robotique est un autre support pour travailler les briques de base de l’algorithmique. Il y a un retour concret dynamique “in real life” pour les élèves. Cela permet d’aborder un pan du programme : le codage de l’information. En effet, le robot, utilisé pour le Challenge, doté de capteurs, reçoit des informations analogiques de l'environnement (électronique), qui sont traduites en signal numérique pour être analysées par le système de commande qui donnera ses ordres aux actionneurs (comme les moteurs des roues ou celui des pinces…). C’est exactement comme cela qu’il faut penser notre rapport à la machine et cela est plus “caché” dans un ordinateur, plus difficile à saisir donc…

 

Vos projets pour l’année scolaire 2022-2023 ?

La continuation de la robotique c’est certain; pour le reste c’est à définir : géolocalisation, fake news, IA,...

RDV en septembre prochain !

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