Orion
C.
Tanguy R.
6ème 2
Février 2003
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« Buck le marin »
1) Le rêve mystérieux
Les mers se déchaînaient sur l’Océan, tandis qu’un violent orage s’abattait sur Callian, petit village d’Australie. Pendant ce temps, Buck, le plus jeune pêcheur de Callian, faisait, endormi sur son bateau amarré dans le port, un mystérieux rêve : un génie lui apparut et lui conseilla de partir à la recherche d’un trésor qu’un lointain cousin lui avait offert juste avant de succomber. Le lendemain, quand il se réveilla, il trouva, à son grand étonnement, au pied de son hamac, une carte des mers qui lui indiquait l’endroit où se trouvait le trésor. Il découvrit également un petit coffre rempli de pièces d’or : juste ce qu’il fallait pour payer le matériel qui lui était nécessaire ainsi que quelques vivres. Ayant acheté tout ce dont il avait besoin, il embarqua et largua les amarres.
2) La rencontre
D’abord tout se passa bien, la mer était d’huile et les vents favorables. Mais, une nuit, comme il dormait, tout changea. La mer se déchaîna tandis que les vents redoublaient de puissance. Buck ne tarda pas à se réveiller en sursaut, en raison d’une vague plus forte que les autres qui déchiqueta ses voiles. Le bateau dérivait au large, inlassablement, au gré des flots houleux. Cela durait depuis cinq heures quand, soudain, il se heurta à un autre bateau en perdition. Buck parvint, au prix de grands efforts, à arrimer les barques l’une à l’autre, et, n’écoutant que son courage, il sauta sur l’autre embarcation, et resta saisi de stupeur : une ravissante jeune fille était allongée sans connaissance sur le pont. Revenant d’un bond sur son bateau et puisant dans ses réserves, il réussit à trouver une bouteille de cognac.
3) Une alliée précieuse
Lui ayant frotté les tempes avec l’alcool, il eut la joie de la voir peu à peu reprendre connaissance. « Belle inconnue - lui dit-il - que faites-vous seule sur cette mer en furie ? ». La jeune fille posa sur lui un regard pénétrant. Mais aucun son ne sortait de ses lèvres serrées. Ses yeux d’un bleu profond n’exprimaient cependant aucune frayeur. Soudain un son mélodieux s’échappa de ses lèvres vermeilles.
Ecoute vaillant marin
Le message de la mer
Tes efforts ne seront pas vains
Tu auras ce que tu espères
A présent réfléchis
Exerce ton esprit
Il te faudra pour gagner
Courage et volonté
Ecoute le chant des sirènes
Il est énigmatique
Mais là où tu veux il te mène
Si tu es héroïque
Alors que Buck était encore sous le charme de ces paroles, la jeune fille
plongea gracieusement et disparut comme dans un songe. Comme étourdi, Buck, qui avait voulu la retenir, ne saisit qu’un objet froid qui brillait au clair de lune: une petite clef d’or. Ayant perdu toutes ses idées, il se prit à fredonner :
Toi, le songe de la mer,
Toi la voix de l’océan,
Tes beaux yeux,
Et ton sourire
Tu ne m’as laissé
Comme un rayon de lune
Qu’une clef d’or sur ce bateau
Une clef d’or
Et les débris d’un rêve
4) L’énigme des sirènes
Le soleil est maintenant haut dans le ciel. La mer est apaisée. Pensif, Buck ne cesse de contempler l’objet précieux qu’il serre dans son petit poing. Que faire ? Où aller ? Il est seul au monde. C’est alors que de joyeuses voix viennent rompre son attente :
Nous sommes les six filles du roi Triton
Notre père nous a donné une mission
Passe sous un pont
Trouve la grotte
Et ouvre la bonne porte
Ne te trompe pas
Ou tu t’en repentiras.
De petites sirènes entourent gaiement son embarcation. Irrésistiblement attiré, Buck plonge à leur suite, serrant toujours la clef dans sa main.
5) La grotte
Buck se retrouve dans un univers merveilleux. Il n’a pas besoin de respirer et découvre les
féeries du monde marin. Tantôt ce sont des algues géantes, tantôt des poissons multicolores. Subjugué, il se dirige insensiblement vers le fonds sablonneux scintillant. Alors qu’il se redresse lentement, il voit dans la pénombre bleutée une grotte dont il n’avait pu soupçonner l’existence. N’étant plus à une surprise près, confiant dans son destin, il s’approche sans crainte et sans méfiance, la clef à la main. Effectivement, il découvre une porte dans une infractuosité et, sans réfléchir à la prophétie, introduit sa clef dans la serrure. La porte s’ouvre. Une galerie infinie s’offre à ses yeux. Mais alors qu’il commence à avancer, trois murènes géantes et sanguinaires surgissent et se ruent sur lui, tous crocs dehors. Effrayé, Buck essaye de leur échapper et referme violemment la porte, de toutes ses forces, sur ces monstres. L’un d’eux l’a cruellement mordu au bras. Il perd son sang. Surexcitées, les murènes sont maintenant rejointes par des requins. Dans ce tourbillon affolant, il se débat, le sang jaillit de plus belle, la fin est proche, il sombre dans l’inconscience.
6) L’ennemi
Lorsqu’il se réveille, Buck est allongé dans une caverne. Devant lui, un homme sombre au regard cruel. Tout est noir chez lui : yeux, cheveux, moustache, vêtements, chapeau et même une grande cape. Sa voix est saccadée. « Tu te réveilles enfin, misérable, audacieux, sacrilège, héros profanateur. A quoi pensais-tu en venant troubler mon repos et mes animaux ? A de l’or ? A l’or des
galions espagnols ? Qui te l’a dit ? C’est mon ancêtre qui a provoqué ce naufrage, moi seul sais où a sombré l’or de la Licorne. ». Blessé, affaibli, Buck ne peut pourtant retenir sa colère : « Alors c’est vous qui avez tué mon cousin, et, non content de cet assassinat, vous… ». Buck ne trouve pas la force d’achever sa phrase. Une violente douleur à l’épaule lui rappelle son état. Son rival ricane. « Qui viendrait jusqu’ici pour te sauver ? ». Mais à ce moment même il s’effondre, terrassé par une force inconnue.
7) La délivrance
Et la voix si souvent désirée résonne dans la caverne :
Te voilà arrivé au bout de tes peines
Toi qui as tout osé, toi que j’aime
Je ne peux plus te voir souffrir
C’est avoir sur moi assez d’empire
Depuis trop longtemps je soupire
Je ne peux le voir sans frémir
Cet homme est mon père
Hélas, des crimes d’un père est-on toujours coupable ?
Avec lui c’était l’enfer
De m’échapper j’ai été capable
Tous deux orphelins
Tous deux nous ignorions le chemin
Mais la vie s’ouvre à nous
Le chemin maintenant va être doux
Que les craintes s’évanouissent
Que la terre et la mer grâce à nous s’unissent
Toi, lecteur qui te crois sage, écoute ce message :
Si le rêve est vrai, l’homme est fort.
Si le monde est fou, son rêve est un trésor.
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